Blog de la Bibliothèque
le 04/04/2019 par bibliothecaire

Suggestion musicale du jour

La pluie attendue est arrivée à Besançon, profitez-en pour venir admirer les oeuvres du collectif etadam, qui ne sortent que par temps humide et mettent en valeur le hall du Frac avec un humour bienvenu.

Et si la météo ne vous donne pas trop envie de plaisanter mais vous laisse plutôt mélancolique, on vous propose une écoute de circonstance - le double CD After Seijaku du trio japonais de musique expérimentale Seijaku.

 

Le groupe Seijaku, fondé en 2009, réunit le multi-instrumentiste et vocaliste légendaire Keiji Haino, le bassiste Mitsuru Nasuno (entendu aussi dans Ground Zero ou Altered States) et le batteur Yoshimitsu Ichiraku (proche de la sphère Acid Mothers Temple). Keiji Haino décrit leur musique comme le "blues du XXIè siècle", tendance nerveuse et tranchante tout de même, peut-être plus proche du free-rock pour une oreille non avertie. Le groupe  durera peu de temps en raison de graves problèmes de dos rencontrés par le batteur qui se verra contraint d'abandonner son instrument... Après un Last Live enregistré et sorti en CD (lui aussi empruntable à la bibliothèque du Frac), les trois membres du groupe finiront par se retrouver tout de même pour cet "After Seijaku" qui, dans un tout autre style, voit les trois protagonistes changer d'instrumentation et se tourner vers l'électronique. Fini le combo classique guitare-basse-batterie (quoi que...), on se retrouve ici dans des monochromes sonores mouvants, des nappes de sons électriques et sombres dont les timbres viennent éclore lentement. Mitsuru Nasuno présente le disque comme une sorte de connecteur entre les musiciens et leurs auditeurs, un lieu où cette frontière s'estompe, où la musique vient tendre un miroir à celui qui l'écoute. Après une première partie plutôt sombre et mélancolique, des montées plus lumineuses apparaissent, le psychédélisme propre aux musiciens électroniques japonais reprend peu à peu ses droits, quelques teintes du blues des débuts du groupe reparaissent entre les masses sonores touffues et on a même droit à quelques montées de noise bien senties pour nous aider à passer de l'autre côté du miroir.