Blog des résidents
le 16/12/2021 par Faustine - Chargée de communication

L'artiste Gaëlle Cognée en résidence au Frac

Gaëlle Cognée était en résidence au Frac du 10 novembre au 10 décembre 2021. Cette artiste travaille sur un projet vidéo autour du mythe de Jeanne d’Arc. 

Depuis quatre ans, Gaëlle Cognée vit et travaille en milieu rural (Côte d’Or). L’artiste privilégie dans sa pratique des projets collaboratifs. C’est dans l’un d'eux, qu’a pris racine le travail de vidéo Étendue de Jeanne en son territoire propre. Jeanne est d’abord un personnage fictif dont l’histoire s’est construite à partir de témoignages de femmes sur leur rapport au travail — récoltés lors d’une résidence artistique de territoire menée par la MJC de Montbard, en Côte d’Or. Ce texte, ainsi que de nombreuses collaborations écrites et photographiques, sont réunis dans l’ouvrage Jeanne déployée Sans emploi sorti en septembre 2021.

 

Extrait Etendue de Jeanne en son territoire propre©Gaëlle Cognée

En partant de ce premier projet, Gaëlle Cognée décide d’explorer à travers un travail vidéo collaboratif le mythe de Jeanne d’Arc. « Je souhaite sortir de l’histoire qui s’est construite autour de Jeanne d’Arc » explique l’artiste. « Je prends des choses qui me parlent, me questionnent, et j’essaye de les emmener vers un point de vue qui serait celui de Jeanne ». Gaëlle Cognée soustrait, à travers des récits existants ou fantasmés, des petits morceaux de l’histoire de Jeanne, dans le but de proposer une version non-linéaire et non chronologique.

Le projet vidéo se construit au fur et à mesure des rencontres. Dans le cadre d’une résidence mise en place dans un lycée hôtellerie-restauration, Gaëlle imagine une scène de repas dans laquelle le personnage de Jeanne « mange le lieu duquel elle souhaite s’émanciper ». Les élèves travaillent sur l’élaboration d’un « repas transcendantal » conçu à partir de « morceaux de paysage, de pièces représentant sa maison ». Par ailleurs, l’artiste Marie-Bette créée une sculpture appelée «Armure», que l’on retrouve mise en scène dans un paysage. Elle imagine aussi le costume de Jeanne, un «Broigne», vêtement médiéval en rapport à la guerre, « sorte de fil rouge, ce vêtement sera porté par toutes les personnes qui interpréteront le personnage de Jeanne d’Arc » souligne Gaëlle. Pour finir, avec l’ethnomusicologue Blanche Lacoste, elles s’intéressent aux voix entendues par Jeanne et enregistrent des chants inspirés de chants religieux polyphoniques géorgiens. 

D’autres collaborations prendront forme à la suite de cette résidence au Frac, qui a permis à Gaëlle Cognée de travailler sur une première phase de montage. Étendue de Jeanne en son territoire propre sortira courant 2022. 

Gaëlle Cognée est diplômée de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon et de l’École Nationale Supérieure d’Arts Paris-Cergy. Elle a commencé à exposer en 2009 avec le collectif Plafond qui s’attachait à créer in-situ et à penser la transmission de leur travail. Son travail personnel (vidéo, photo, écriture, performance) s’est ensuite nourri de nouveaux lieux traversés devenus sujets.  

Depuis 2013, le Frac Franche-Comté invite des artistes en résidence dans son bâtiment. Ces résidences sont particulièrement appréciées des artistes, jeunes et moins jeunes, régionaux ou non, qui y trouvent les conditions propices à la poursuite de leurs recherches voire au développement de leurs projets. Elles participent pleinement du soutien du Frac à la création au même titre que les acquisitions, les expositions, les productions ou encore les éditions.

Concernant à l’origine des artistes visuels, ces résidences se sont élargies au dialogue entre différentes disciplines artistiques. Ainsi avec le concours du Conservatoire à Rayonnement Régional du Grand Besançon, le Frac a notamment accueilli Joëlle Léandre, compositrice et contrebassiste de grand talent qui a souhaité donner ses archives au Frac, mais aussi des critiques d’art et commissaires d’expositions (Laurent Buffet, Daniele Balit), des écrivains ou metteurs en scène (Célia Houdart, Jean-Michel Potiron). Depuis 2020, des chorégraphes participent également à ce programme. Parmi eux François Chaignaud, Emmanuelle Huynh, Yuval Pick, DD Dorvillier