Julien Langendorff, Secret Hell, 2018 © Julien Langendorff. Photo : D.R.
16/10/2022 - 12/03/2023
Horaires: 
14h - 18h du mercredi au vendredi / 14h - 19h samedi et dimanche
Vernissage: 
samedi 15 octobre, 18h30

Frac Franche-Comté, Cité des arts, 2 passage des arts, 25000 Besançon
03 81 87 87 40

La Beauté du Diable

Avec les oeuvres de Majd Abdel Hamid, Mathieu Kleyebe Abonnenc, Renaud Auguste-Dormeuil, Béatrice Balcou, Valérie Belin, Bianca Bondi, Christine Borland, Gast Bouschet, Pascal Convert, Nicolas Daubanes, Hélène Delprat, Stan Douglas, León Ferrari, Marina Gadonneix, Douglas Gordon, Suzanne Husky, Matthew Day Jackson, John Urho Kemp, William Kentridge, Joachim Koester, Nino Laisné, Julien Langendorff, Élodie Lesourd, Robert Longo, David Mach, Myriam Mechita, Annette Messager, Patrick Neu, Éric Pougeau, Sophie Ristelhueber, Andres Serrano, Annelies Štrba, Iris Van Dongen, Jean-Luc Verna, Jérôme Zonder.

« Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or »
Charles Baudelaire

Dans le prolongement de l’exposition L’homme gris, présentée au Casino Luxembourg par Benjamin Bianciotto, La Beauté du Diable propose d’explorer la présence de Satan dans l’art contemporain sous l’angle de sa figuration et de ses métamorphoses.

Au-delà des représentations faisant explicitement référence au Diable ou à sa symbolique, l’exposition vise à interroger l’esthétisation du Mal au travers d’oeuvres qui opèrent une transmutation du « repoussant » en jouissance esthétique.

En questionnant nos certitudes et en les confrontant aux résistances structurelles des sociétés occidentales, ces oeuvres possèdent une indéniable dimension politique. Elles opèrent un retournement du goût : une alchimie transgressive en quelque sorte.

Prenant également appui sur le « non serviam » édicté par Lucifer en un véritable chant de révolte, les artistes refusent à leur tour de se laisser contrôler par une autorité considérée comme injuste ou arbitraire et de se soumettre à la fatalité.

Lucifer se confond avec Prométhée, et l’ange « porteur de lumière » apportant illumination et liberté aux créateurs dans un héritage post-romantique et symboliste. Par le double mouvement de dévoilement de l’horrible (à l’image de l’Apocalypse qui signifie Révélation) et de son revoilement sous des atours séduisants, ils semblent affirmer leur refus de la douleur et de la laideur du monde.

Iris Van Dongen, vues de l’exposition L’homme gris, Casino Luxembourg, Luxembourg, 14 novembre 2020 - 6 juin 2021. Courtesy de l’artiste et Collection Bugada Cargnel, Paris.©Iris Van Dongen, photo : E. Lesourd
Andres Serrano, Piss Satan, 1988.©Andres Serrano, Courtesy de l’artiste et Galerie Nathalie Obadia, Paris/Bruxelles, photo : D.R.

Mais l’exposition interroge aussi le rôle et la place de l’art dans nos sociétés actuelles. La création récente a parfaitement conscience que le danger guette sous le vernis attirant ; elle sait elle aussi jouer de cette ambiguïté, maquillant le réel pour mieux nous charmer, se parant de ornements de la perdition capitaliste et publicitaire.

Enfin, La Beauté du Diable n’éludera pas la dimension religieuse, de la diabolisation de l’art contemporain à sa capacité à raviver le débat au sein de cultures sécularisées. Ambivalente, polysémique et cathartique, l’exposition met en lumière l’oxymore contenu dans son titre même, assume et défend cette fascination aux effluves faustiennes.

partenaire(s)
  • pass Culture
  • Platform, réseau des Fonds régionaux d’art contemporain
La Beauté du Diable