fiche de l'oeuvre

To Valerie Solanas and Marilyn Monroe in Recognition of their Desperation


© Pauline Boudry / Renate Lorenz

Six performers suivent la partition To Valerie Solanas and Marilyn Monroe
in Recognition of their Desperation. La compositrice d'avant-garde
Pauline Oliveros a écrit cette pièce après avoir lu le texte de Valérie Solanas
Scum Manifeste.
Suivant la partition, les musiciennes choisissent chacune 5 notes et les
jouent en produisant des sons très longs, modulés ou non. Au milieu de
la pièce, les musiciennes imitent les notes et modulations des autres. Des
signaux lumineux - rouges, jaunes puis bleus, ainsi que deux signaux
donnés par un stroboscope - structurent la composition. Si une des musiciennes
devient trop dominante, les autres sont invitées à jouer elles-aussi
plus fort, pour absorber cette dominance dans la texture de la pièce et
pour la réaliser structurellement, ce qui est un des messages du Manifeste
Scum. « C'était exactement cette compréhension de la tension entre
la communauté et l'individu qui m´intéressé dans le manifeste, et qui est
devenue le principe ou la philosophie de la musique que j'ai écrite à partir
de ce moment-là. » (Oliveros)
La pièce To Valerie Solanas and Marilyn Monroe in Recognition of their
Desperation est basée sur l'imprévisibilité de la musique, les hauteurs du
son et les rythmes restant indéfinis. Rien n'est connu avant que la musique
ne soit jouée. Les instructions sont faites de telle manière qu'elles permettent
« une circulation continue de pouvoir » entre l'écoute et le jeu, un donner
et un recevoir, qui comme dit Oliveros, permet une attention particulière à
la relation entre soi et les autres.
Dans le film, une protagoniste supplémentaire entre en jeu, la caméra
16mm, qui se déplace en permanence et qui interagit avec les autres
performeuses. La pièce a été filmée en un morceau, puis lors du montage,
des vues de détails ont été ajoutées, soulignant un intérêt fétichiste pour
des parties de corps, des instruments et des costumes.
Ce travail pose la question des possibilités et des limites d'une politique
qui se base sur la forme musicale et filmique. Est-ce que les sons, les
rythmes et la lumière peuvent devenir révolutionnaires ?

Artiste PAULINE BOUDRY /

Date de réalisation 2013

matériaux Installation : écran, vidéo, couleur, son, en vidéoprojection

Dimensions durée: 18'

Domaine Oeuvre en 3 dimensions

n° d'inventaire 2014-1-10

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