fiche exposition - Déplacements

commissariat : Célia Charvet, directrice adjointe au 19 Crac, exposition conçue à l’origine avec le concours de Sylvie Zavatta.


 Alain Bublex - La voiture Meunier-Béraud
© Adagp



artiste(s) du fonds MESSAGIER Jean - GEOFFROY Christiane - BREER Robert - BYARS James Lee - NORMAN Jean-Christophe - TALEC Nathalie

dates du 18/12/2008 au 22/02/2009

Horaires : du mardi au samedi de 14h à 18h
et le dimanche de 15h à 18h

lieu(x) :
  • le 10neuf Centre Régional d'Art Contemporain 19 avenue des alliés - 25200 Montbéliard

nature de l'exposition exposition collective

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Une sélection d’oeuvres parmi les acquisitions récentes du Frac Franche-Comté, ainsi que des oeuvres de Stéphane Benault, réalisées lors de la résidence à Villers sur Port en 2008 et produites par Amalgame et le Fonds régional d’art contemporain de Franche-Comté.

Commissariat: Célia Charvet, Directrice adjointe au 19
Exposition conçue à l’origine avec le concours de Sylvie Zavatta.

Les pas que fait un homme, du jour de sa naissance à celui de sa mort, dessinent dans le temps une figure inconcevable.
Jorge Luis Borges

Cette exposition regroupe des œuvres – sculptures, installations, photographies et vidéos – dans lesquelles la notion de déplacement est mise en jeu au regard de diverses temporalités. Passé, présent et avenir sont constamment sollicités et souvent entremêlés dans des trames formelles et fictionnelles prenant le réel et son expérience comme matériaux premiers.

Témoignant avec acuité de l’indissociable trio corps-espace-temps, ces oeuvres en questionnent les relations et leur donnent forme. Dans des perspectives décalées, les artistes convoquent tant le sublime que le dérisoire, le simple et le complexe, le rêve et la réalité pour aborder le déplacement dans ses multiples acceptions – physiques, mémorielles, symboliques. Lieux et événements constituent les points d’ancrage de leur démarche et définissent les cadres de leurs mises en scène, dans lesquelles ils figurent parfois, en protagonistes fragiles et humbles. Déplacements des corps dans le réel pour un déplacement du regard dans l’imaginaire : autant de trajets et de trajectoires inscrivant la singularité des positionnements et des points de vue.

Si dans les oeuvres de Stéphane Benault, Alain Bublex, Vincent Lamouroux & Raphaël Zarka, la présence de véhicules renvoie au voyage ou à la mobilité, ce n’est plus en vue d’une activation fonctionnelle.


Apparaissant comme des vestiges du mobile, ils semblent s’être transformés en structures pour le souvenir ou le fantasme, faisant ainsi écho aux intensités immobiles de Gilles Deleuze. Seuls les documents (plans, schémas ou vidéos) attestent de leurs traversées dans des paysages ou des territoires porteurs d’histoire(s). Bicyclette, voiture et pentacycle se posent ainsi en témoins d’expériences passées et en supports de projection pour une vision en actes.

La question du territoire rejoint celle de l’identité et de la tentative de reconstitution d’un récit dans les vidéos de Maja Bajevic & Emanuel Licha et de Sebastian Diaz Morales.

Maja Bajevic incarne la figure de l’absence – absence de l’architecture, absence des habitants – en foulant un sol dont la surface lisse et monochrome devient le support d’une reconquête mentale. Dans le film de Diaz Morales, le spectateur se retrouve plongé dans une narration complexe autour d’une ville sans nom et d’un homme aux souvenirs flous. Le flux des images qui se mêlent à la voix ne fait qu’accentuer le mystère d’un voyage improbable relaté par bribes. C’est aussi à un voyage invraisemblable que nous convie Hans Schabus à travers une série photographique mêlant l’ambition à l’ironie pour une expédition tout à la fois incongrue et poétique, menée par un anti-héros. Les images capturées par Simon Faithfull lors d’un voyage en mer, se constituent en tableaux subtils dont la fixité du point de vue et les infinies variations lumineuses invitent à la contemplation.

Dans ses oeuvres, Stéphane Benault propose des fragments de réel qui portent l’empreinte du contact entre corps et paysage. Images, sculptures et installations traduisent des gestes, des postures qui font environnement.

Enfin, chez Gianni Motti, c’est le temps lui même qui est l’acteur principal d’un mouvement programmé, précis et insaisissable, hors échelle humaine.

Célia Charvet


Pour en savoir plus sur l’exposition