fiche exposition - Nathalie Talec - solo intégral, my way





artiste(s) du fonds BREER Robert

dates du 11/11/2006 au 22/12/2006

Horaires :

lieu(x) :
  • Granit Scène Nationale Belfort 1 faubourg de Montbéliard - 90000 Belfort

nature de l'exposition exposition monographique

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«Le flocon de neige est une forme mathématique qui répond à une rigueur géométrique dit Nathalie Talec. Lors de sa métamorphose, il présente une grande diversité de formes et traverse plusieurs états,... Intrinsêquement le cristal de neige contient du désordre. Je pourrais assimiler mon langage artistique à ces actes de dissipation, de dispersion apparente, de désordre... et d'aléatoire».

Dans les années 80, Nathalie Talec a entrepris de représenter différentes réalités physiques a priori «irreprésentables» tel le froid. Outre les textes scientifiques, les récits d'explorateurs, sa propre expédition au Groenland en 1988 (bien avant que cela fût à la mode) a nourri sa réflexion sur ce phénomêne et la puissance d'imaginaire qui lui est attachée comme symbole de fixité et d'arrêt du temps. La figure du flocon de neige apparaît de façon récurrente dans son travail et participe également de sa réflexion sur la condition humaine car à n'en pas douter aux yeux de l'artiste, il y a similitudes entre le moi et ce fragile flocon, ce presque rien en perpétuelle évolution.
Procédant par addition, par agglutination dit-elle (en référence à la langue inuit «qui pour se construire ajoute des mots aux mots, qui eux mêmes en viennent à se superposer»), Nathalie Talec revendique la multiplicité des formes, emprunte à différents médias, réalise aussi bien des sculptures, que des photographies, des vidéos que des dessins et s'implique elle-même physiquement au travers de ses autoportraits et de ses performances. Menées telle une opération chirurgicale, les oeuvres de Nathalie Talec ont valeur d'expérimentation et s'expriment dans une esthétique glaciale qui témoigne sinon d'une certaine retenue du moins d'une réelle volonté de distanciation.

L'artiste revendique aussi la multiplicité de ses références, et s'inspire autant de l'histoire de l'art que de différents champs du savoir ou modes de représentations. Ainsi aprês les textes philosophiques ou préscientifiques (Platon ou Aristote...) visant à livrer des visions analytiques du monde à partir de mesures ou d'expériences, Nathalie Talec s'est emparée d'autres sources iconographiques et littéraires, plus vulgaires celles-à , telles la chanson populaire ou la comédie musicale. Les simplifications inhérentes à ces derniêres engendrent un langage à la syntaxe minimale et une représentation générique des êtres et du monde. Il y a en cela analogie entre certaines visions scientifiques et les médias populaires. De chacun de ces systêmes de représentation stéréotypés dont elle mime les modes opératoires, l'artiste ne conserve que la forme pour mieux inventer des fictions.

Le travail de Nathalie Talec dans sa globalité est donc à l'image du flocon de neige, en ce sens qu'au fil du temps, il évolue dans ses formes, se développe dans l'hétérogénéité des médias qu'il emprunte et des sources qui le nourrissent, mais ne perd en rien de son essence. En d'autres termes, on pourrait dire que l'eau et le froid sont au cristal de neige, ce que le questionnement des systêmes de représentation est au travail de l'artiste.

Sylvie Zavatta
Directrice du Frac Franche-Comté