fiche exposition - La lettre volée

curator Vincent Pécoil - exposition organisée par le frac franche-comté & le centre d'art mobile


 Sylvie Fanchon - Sans titre, "106, 2002
© Collection frac franche-comté



artiste(s) du fonds HOVADIK Jaroslav - SOSOLIC Dominique - PETITGAND Dominique - GEOFFROY Christiane - BREER Robert - BYARS James Lee - GARCIA TORRES Mario - LUND Marie

dates du 02/10/2004 au 19/12/2004

Horaires :

lieu(x) :
  • Musée des Beaux-Arts 85, rue des Arènes - 39100 Dole

nature de l'exposition exposition collective

Imprimer




John Armleder, Richard Artschwager, Francis Baudevin, Damien Béguet, Maurizio Cattelan, Delphine Coindet, Stéphane Dafflon, Philippe Decrauzat, Sylvie Fanchon, Ivan Fayard, Sylvie Fleury, Christian Freudenberger, General Idea, Wayne Gonzales, Anne Marie Jugnet et Alain Clairet, Stéphane Kropf, Bertrand Lavier, Sherrie Levine, Jean-Luc Manz, Allan McCollum, Sarah Morris, Olivier Mosset, Olaf Nicolai, Carl Ostendarp, Hugo Pernet, Daniel Pflumm, John Tremblay, Daan van Golden, Dan Walsh, Kelley Walker, Lawrence Weiner, Lars Wolter, Heimo Zobernig.

La Lettre Volée rassemble un certain nombre d 'abstractions trouvées, autrement dit des tableaux, photographies ou sculptures abstraites dont la forme et/ou le motif est en fait repris d'objets réels. Comme les travaux inclus dans l'exposition ont tous en commun d'être des œuvres abstraites et simultanément de trouver leur origine (forme, motif, composition...) dans des objets ou des images préexistantes, il s'agit donc d'une exposition d'art concret, avec toute l'équivocité que peut revêtir cette expression.

Le titre de l'exposition est lui-même emprunté à celui de la nouvelle d'Edgar Allan Poe, La lettre volée. Dans la nouvelle en question, tout le monde est à la recherche de quelque chose qui est en fait exposé au vu de tous.



Au-deà du simple prétexte permettant de réunir des artistes de toutes générations et de différents pays, et du plaisir que chacun pourra prendre à l'expérience d'œuvres exceptionnelles, l'exposition entend être l'occasion d'une réflexion en acte (i.e., en formes comme en mots) sur les changements intervenus dans l'appréhension d'un certain nombre de problêmes et de notions centrales dans l'art de ces derniêres décennies, comme l'appropriation, l'opposition abstraction-figuration et, implicitement, la distinction entre art et communication (qu'elle soit d'entreprise ou d'autre chose).

Cette exposition se veut le lieu certainement pas unique d'un travail qui, plutôt que de repolitiser le contenu de l'art, comme les derniêres éditions des grandes manifestations artistiques internationales ont tenté de le faire, chercherait à repolitiser la vieille question de la forme, comme disait Serge Daney à propos du travail entrepris aux Cahiers du Cinéma à partir des années 60.

Loin de vouloir réanimer le formalisme pour lui-même, l'exposition proposée par le Frac Franche-Comté et le Centre d'Art Mobile serait l'une des manifestations tangibles, et retorse, de cette conviction selon laquelle la figuration radicale, c'est bien aujourd'hui l'objet trouvé et/ou choisi, et une abstraction un peu poussée de la peinture en bâtiment *.


(*) Olivier Mosset à propos de Jessica Stockholder, 1993. Vincent Pécoil, commissaire de l'exposition