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Henri CUECO

Né en 1929/10/19 - Uzerche France • Vit et travaille à Vigeois


Henri Cueco étudie au collège local jusqu’au BEPS, puis reçoit son premier enseignement artistique dans le milieu familial : son père alors peintre en bâtiment, est un ancien élève de l’Ecole des beaux-arts de Valencia (Espagne).
C’est à partir de 1947 qu’il s’installe à Paris où il rencontre divers artistes s’intéressant à la figuration alors que la scène artistique internationale se tourne résolument vers l’abstraction.
Il anime la coopérative des Malassis* en 1972, incitant à un travail de groupe, anonyme et collectif tout en apportant à l’art une dimension politique et critique.
A la fin des années 70, il retourne à un travail individuel, « sur le motif », réalisant de grands dessins inspirés des paysages de sa Corrèze natale. Parallèlement à son travail pictural, ses activités touchent à des domaines très variés : la réalisation d’un décor de théâtre, l’écriture, la lithographie, l’animation culturelle, l’enseignement. En 1954, il adhère au parti communiste, qu’il quittera en 1976. Son sujet de prédilection est le rapport de l’homme à la nature.

Depuis 1976, Henri Cueco réalise des dessins de grands formats qui décrivent, de manière minutieuse, des plans d’herbe qui sont autant de mémoires parcellisées de la Corrèze qu’il affectionne. Le pré au Pouget est une vue du site depuis son atelier (le Pouget étant le lieu où se trouvent sa maison et son atelier). Cet endroit n’a rien d’exceptionnel, n’est pas pittoresque, c’est le paysage qu’il regarde depuis des années et sur lequel il travaille. Depuis les « natures mortes » aux bouts de ficelles, aux éponges, vis, cuillères et pommes de terre qu’il réalise en 1962, Cueco s’inspire de paysage qui font partie de son quotidien, la banalité devenant un trait caractéristique de ses travaux. A l’aide de clichés photographiques, il dessine patiemment des milliers de brins d’herbe et de plantes diverses, la composition étant réalisée avec une grande modestie de moyens, par une touche posée sans gestualité, avec la précision des miniaturistes. Ces espaces d’herbe, qui pourraient être perçus comme de grandes plages abstraites, sont peints avec attention, séquence par séquence, en regardant le pré de plus en plus près. Henri Cueco conçoit le paysage comme une entité vivante qui encercle, comme les herbes que l’on regarde à l’entour, si bien qu’il aborde le motif par le dedans. Il en résulte une vision fragmentaire du paysage, inscrite dans une certaine durée. La notion du temps et le rapport à la terre s’interpénètrent: le temps de cultiver ou traverser un champ, le temps de peindre une parcelle de cette nature …

Valérie Pugin

* nom donné en 1970 par cinq peintres français : Henri Cueco, Lucien Fleury, Jean-Claude Latil, Michel Parré et Gérard Tisserand, à leur groupe artistique en référence au plateau de Bagnolet où se situe leur atelier commun. Ce groupe se démarque par une figuration corrosive qui se déploie en de longues séquences narratives, où les plaisirs et les problèmes liés à la peinture ne sont pas évacués. Leur première réalisation intitulée Qui tue ? fut présentée à l’ARC en 1970. Notons l’exposition 72/72, 12 d’âge contemporain, où le groupe exposera Le grand méchoui, suite retraçant sur 65 mètres de long, et de manière critique, 12 ans de pouvoir gaulliste.

Oeuvres de l'artiste dans la collection
du frac franche-comte

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