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Christian BOLTANSKI

Né en 1944/09/06 - Paris France • Vit et travaille à Malakoff


Dès 1969, Christian Boltanski réalise des fascicules narrant sa propre existence, comme dans Recherche et présentation de tout ce qui reste de mon enfance ou Reconstitution d’un accident qui ne m’est pas encore arrivé et où j’ai trouvé la mort. Il parodie ainsi les reliques et les souvenirs d’une enfance (la sienne propre mais fictive).
Dans Vitrines et références (1970), il insiste sur l’importance de la notion d’inventaire. Dans ces vitrines, il présente des objets d’une autobiographie fictive. Ainsi, la Reconstitution des gestes effectués par C.B. entre 1948 et 1954 (1970) apparaît comme le premier ensemble d’une série d’œuvres photographiques par lesquelles l’artiste traite de son passé : « Ayant constaté le peu de documents qui me restaient de mon enfance, j’ai voulu reconstituer par la mémoire ces éléments manquants. Je me suis fait photographier en jouant devant l’appareil les instants et les gestes qui m’avaient marqué et qui, à l’époque où ils avaient été accomplis, n’avaient été ni saisis ni conservés : j’ai relancé l’oreiller comme je l’avais fais le 15 octobre 1949, j’ai de nouveau glissé sur la rampe d’escalier comme le 6 juillet 1951 …* ».
Avec Boîtes de biscuits et tiroirs, il simule les objets et les panoplies de son enfance avec de la pâte à modeler. Dans un même ordre d’idée, les Compositions photographiques font intervenir des objets et des petits riens de l’enfance (ballons, pantoufles, bouillotte, paillettes, …). Boltanski désigne ces travaux photographiques comme ceux d’un peintre qui privilégie l’emploi de la figuration pour manifester des idées et non pour reproduire la simple réalité des choses. D’ailleurs cette réalité est forcément transformée par le médium photographique.
La reconstitution est un leitmotiv dans le travail de Boltanski, qu’il s’agisse du modèle de la photographie de famille, ou celui de la photographie d’amateur ou encore de la photographie d’art. Il banalise l’ensemble de ses expériences visuelles et fait toujours le lien avec le quotidien, non sans une certaine malice.
Dans cette série photographique, il est question du langage des objets et de leur représentation. Les critères esthétiques employés renvoient aux normes de la publicité, mais surtout à la peinture de nature morte des XVIIe et XIXe siècles, ses travaux s’appuyant toujours sur une connaissance de l’histoire de l’art et des ses déterminations sociales.

Valérie Pugin

* Boltanski Christian, dans le catalogue Documenta 5, Kassel, 1972, cité par Andrès Franzke, in « Christian Boltanski, Reconstitution, 1978, p.11

Oeuvres de l'artiste dans la collection
du frac franche-comte

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