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Philippe DECRAUZAT

Né en 1974/06/08 - Lausanne Suisse • Vit et travaille à Lausanne (Suisse)


La toile de Philippe Decrauzat, et son prolongement au mur, constituent à la fois une anamorphose du motif constitutif de la «Dream machine» et la transposition de ses effets optiques, en même temps qu’un jeu savant sur l’histoire de la peinture abstraite des dernières décennies.

La Dream machine est une machine optique et cinétique mise au point en 1960 par le mathématicien Ian Sommerville. Elle est constituée d’un cylindre ajouré qui tourne autour d’une lumière de manière à produire un «clignotement» stroboscopique sur les paupières fermées du spectateur, et induire des effets optiques hallucinatoires.

Dans les années 1960-1970, des écrivains comme William S. Burroughs et Brion Gysin ont beaucoup expérimenté la machine en question, comme un procédé pour créer des effets picturaux à un niveau purement mental, en se passant du support de la toile.

Ramené sous forme d’anamorphose à un tondo, le motif du cylindre de la Dream machine évoque certaines toiles de Vasarely ou Delaunay. Son traitement purement graphique, en noir et blanc, évoque quant à lui d’autres productions de l’Op Art, et notamment Bridget Riley.

Les parties normalement ajourées de la machine se retrouvent figurées en défonce sur la toile, et le motif découpé transposé sur le mur. Par ces deux derniers points, Round D. M. rejoint encore l’univers personnel de Philippe Decrauzat, et son obsession des premières peintures noires de Frank Stella de la fin des années 1950/début des années 1960, pour lesquelles les bandes étaient obtenues en étant laissées en réserve, et pour lesquelles le format de la toile conditionnait le motif (et réciproquement).

Vincent Pécoil

Oeuvres de l'artiste dans la collection
du frac franche-comte

Round D.M, 2003


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