artiste

Choisissez un artiste dans la liste

Stephan BALKENHOL

Né en 1957 - Fritzlar République fédérale d'Allemagne • Vit et travaille à Meisenthal


Stephan Balkenhol réalise des objets sériels, entretenant un rapport fort avec la matière, tout en interrogeant l’histoire de la sculpture. Sa sculpture joue également sur le décalage des échelles : les «gros plans» avec la Grande tête, sculpture monumentale placée à Londres au bord de la Tamise, les personnages traités en pieds et présentés en groupe ou isolés. Ainsi, pour Balkenhol, les différences d’échelle sont le propre de l’artefact de la sculpture. Son rapport à l’histoire s’explique par diverses références qui transparaissent dans son travail : la taille directe et les couleurs vives font penser à l’expressionnisme, alors que la représentation du serpent enroulé autour d’un tronc ou des personnages portant leur tête semblent rappeler la statuaire médiévale. Pourtant, Balkenhol ne revendique aucun message religieux, idéologique ou social, bien que ses sujets soient profondément ancrés dans une mémoire ou tradition visuelle de la sculpture dans l’histoire de l’art. Il privilégie simplement une conception figurative pour ses sculptures. La série des hommes et femmes de Balkenhol n’ont pas d’expression particulière, ils sont très simplement vêtus, sans connotation sociale. L’attitude est toujours hiératique, avec parfois l’ébauche d’un geste. Il s’agit de figures ordinaires.

Petit nu participe de cette même démarche : La figure semble être une excroissance qui surgit du sommet du bloc/socle. L’absence de gestuelle et d’expressivité n’est pas synonyme d’incommunicabilité, car pour l’artiste la personnalité ressort d’autant mieux que le visage demeure figé, impassible (il s’est également intéressé à la sculpture égyptienne).

Le bois est le matériau de prédilection de l’artiste car il est plus neutre que le bronze ou le marbre (c'est-à-dire qu’il fait moins référence à la période classique de la sculpture). Ses objets sculptés présentent toujours un aspect brut, témoignant de la volonté de laisser visibles les traces du travail sur la matière (traces de gouges par exemple). La jeune femme est sculptée directement dans la masse du bois et présente quelques traces de polychromie rappelant autant la statuaire médiévale que la sculpture expressionniste. Petit Nu présente également un rapport d’échelle intéressant. Le socle est immense par rapport à la taille du personnage, et peut faire penser à un bloc «minimaliste». Ainsi juchée sur son immense socle vertical la figure féminine devient un petit «objet» précieux.

A.D

Oeuvres de l'artiste dans la collection
du frac franche-comte

Petit nu, 1993


Imprimer