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Marina ABRAMOVIC

Née en 1946/11/30 - Belgrade Yougoslavie (avant 1991) • Vit et travaille à New York (États-Unis)


Depuis plus de trente-cinq ans, l’élément principal de l’œuvre singulière de Marina Abramovic est le corps, son propre corps plus particulièrement, qu’elle met en scène dans des performances, ou qui « devient » un matériau dans ses installations vidéo. L’importance de la spiritualité, de l’énergie et de l’errance (ou de la circulation) dans son travail, sont les témoignages de ses fréquents voyages à l’étranger, dans lesquels elle puise son inspiration, mais aussi le choix d’un mode de vie nomade. Le serpent est un élément que l’on retrouve dans ses propositions dès 1988, date à laquelle elle a parcourut 8000 km avec son compagnon Ulay, soit la totalité de la muraille de Chine. Effectivement, dans la mythologie chinoise, la muraille représente un dragon construit à l’emplacement précis des lignes de force magnétique de notre planète. Il est également un serpent gardien protecteur ou tentateur. La symbolique de cet animal est très forte, et devient un élément visible dans ses travaux vidéo avec par exemple Dragon heads ou Black dragon. Pour l’installation vidéo intitulée Becoming visible, Marina Abramovic a ordonné en cercle des écrans et des cristaux, toujours en relation avec le chiffre 7 : sept moniteurs diffusant des extraits de 7 performances d’une durée d’environ trois minutes disposés sur 7 cristaux (améthyste, quartz blanc, quartz rosen, lapis lazuli, quartz noir, obsidienne, et hématite provenant du Brésil). Au départ cette œuvre s’intitulait Dragon heads en correspondance avec les performances qu’elle avait réalisées dans 7 endroits différents mais toujours sur un même thème, celui de laisser des serpents se déplacer sur son corps. Par la suite, d’autres éléments sont venus compléter la performance : l’utilisation du minéral et de sa propre voix qui participent à créer un lien évident entre la terre, les minéraux, les serpents et son corps. Le cheminement qui a permis à cette pièce de devenir concrète (ou visible) a incité l’artiste à reformuler son expérience pour l’expression Becoming visible (ou devenir visible). Le rôle de la voix est essentiel dans cette installation car elle permet de réunir tous les éléments de la scène se déroulant devant nos yeux. Elle scande indéfiniment, au rythme du mouvement des serpents, des paroles relatives aux différentes énergies diffusées par le corps humain et le cristal : follow the energie of my skin (suit l’énergie de ma peau), follow the cristal skin (suit la peau du cristal), follow the heat of my skin (suit la chaleur de ma peau), follow the heart (suit le cœur), follow my énergies (suit mes énergies). La présence des serpents, médiums froids et repoussants, du corps humain immobile et de la sonorité monotone de la voix, donne une atmosphère étrange et inquiétante à cette performance. Le spectateur est plongé dans un univers magique et mystérieux, et devient acteur de la scène car invité à toucher les minéraux afin de transmettre sa propre énergie.

Valérie Pugin

Oeuvres de l'artiste dans la collection
du frac franche-comte

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